Au delà de l'esprit de l'industrie cosmétique, dont la vocation est de multiplier les plaisirs du Monoï de Tahiti, à travers des produits dérivés (crèmes, savons, shampooings, gel, baume...), et des fragrances nouvelles, les parfums ont toujours été associés au Monoï de Tahiti.

La fleur de Tiare indispensable à l'huile de coco pour devenir Monoï est bien sûr le parfum le plus légitime. Peut-être n'était-il pas suffisant pour couvrir la forte odeur de l'huile de coco issue du coprah, forte au point de repousser certains nez ? Cette odeur rance, intense, qui se dégage des sacs de coprah stockés à Fare Ute, avant de partir vers l'huilerie de Tahiti, peut en effet faire fuir les adeptes de la cosmétique moderne. D'autres, comme moi, adorent.

Le Monoï de Tahiti, emblématique de la beauté polynésienne, n'avait-il pas pour vocation d'embellir la peau et les cheveux des vahinés, donc leur féminité, ce qui induit un parfum. Et quand on sait toute la puissance des parfums de fleurs de Tahiti, on peut imaginer cette explication cohérente, d'autant que les fleurs sont utilisées comme ornements ou décorations (colliers, couronnes...) pour embellir...

Une autre explication peut venir de la tradition polynésienne. Avant de devenir une huile de beauté, le Monoï de Tahiti était utilisé en soin traditionnel pour le massage du corps. Dans son livre "Tahu'a, tohunga, kahuna" Simone Grand explique que l'huile utilisée par les masseurs avaient autrefois des parfums différents suivants les Archipels, le Tiare Tahiti dans les îles de la Société, le Bois de Santal aux Marquises. S'il est incontestable que ces ingrédients ont des pouvoirs particuliers (les vertus calmantes de la fleur de Tiare, le santal recommandé pour les rhumes et affection ORl...), ils avaient surtout par leur parfum une fonction relaxante, le patient devant être calme et apaisé avant d'être masser.

"Cependant" explique-t-elle, "étant donné le soupçon permanent de ma'i tapiri et la répugnance aux parfums attribués au mauvais esprit qui se complaisaient dans la puanteur, on peut supposer que les parfums sont aussi censés favoriser la fuite des mauvais esprits éventuels".

Pour en savoir plus sur la médecine traditionnelle polynésienne, consultez l'ouvrage de Simone Grant : Tahua'a, tohunga, kahuna : Le monde polynésien des soins traditionnels

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