Pourquoi la fleur de Tiare dans le Monoï de Tahiti ?
Par La Boutique du Monoï de Tahiti le mardi 15 juillet 2008, 17:28 - Le Monoï de Tahiti - Lien permanent

Certains spécialistes de la cosmétique l'atteste : la fleur de Tiare dans le flacon de Monoï se sert à rien. La fleur dans l'huile laisse même un léger dépôt de poussière de tiare au fond du flacon. Pourquoi certaines marques laissent-t-elles la fleur de Tiare dans la bouteille ? Une explication m'a été donnée par ceux qui ont vécu, et participé à l'histoire du Monoï de Tahiti.
Dans les années 70, avant que "Monoï de Tahiti" ne soit protégé par une appellation d'origine, les géants du parfum et de la cosmétique s'étaient emparés du nom "Monoï" sans scrupule : la plupart des produits ainsi baptisés étaient fabriqués hors de Polynésie, à partir d'une quelconque huile de coprah raffinée chimiquement et agrémenté de parfum synthétique. La réputation et et l'image du Monoi furent tellement utilisées que seuls 10 % des flacons vendus dans le monde provenaient de Polynésie !
Antoine Srkala, qui fut à l'époque de la guerre du Monoï président du Syndicat des fabriquants du Monoï traditionnel Tahiti et président de l'Institut du Monoï jusqu'en 2004 déclarait "Nous avons glissé une fleur de Tiare Tahiti dans chaque flacon pour que le consommateur puisse faire la différence. Cela n'a pas suffit. Le graphisme des étiquettes, la forme des flacons ont été copiés, d'autres fleurs séchées (que le Tiare-ndla) ont été utilisées dans l'huile alors qu'elles n'avaient pas les mêmes propriétés reconnues par la pharmacopée traditionnelle"
Après des années d'efforts, l'appellation d'origine "Monoï de Tahiti" permettra de protéger le consommateur et de prendre à défaut les innombrables contrefaçons. Il en reste quelques-unes, rares mais bien présents sur le marché. (Voir le post Vrai et Faux Monoï). Certaines marques ont abandonné la fleur dans l'huile, d'autres perpétuent encore la tradition. C'est le cas de la Parfumerie Tiki, qui fabrique le Monoï Tiki depuis 1942.
Source Tahia - Patrick Brai - Tahiti Magazine - Hans Riehm



Commentaires
Ce n'est pas Antoine Antoine Srkala qui a mis la fleur dans la bouteille le premier. Il s’est inspiré de l’idée d'un vieux pharmacien parisien dont l’officine était située à l’angle du Boulevard St Germain et de la Rue de Rennes. ll venait des Antilles et essayait de lancer le vrai "Bay Rhum" en Europe, un produit cosmétique traditionel multi-usage dont la fabrication est aussi subtile que celle du Monoi.
Il fut l’un des premiers en France à vendre le Monoï Tiki dans sa pharmacie. Dans ses discussions avec Catherine Aubert, à l’époque engagée dans la Parfumerie Tiki, elle qui se plaignait des imitations du Monoï et qui se battait contre, il lui a donné l'idée de mettre une fleur de tiaré dans la bouteille. Les fabricants de cosmétique aux Antilles procédaient de cette façon avec leurs produits locaux pour se différencier. Comme il ne disposait en France que de fleurs de Tiare séchées en France, c’est celle-ci que l’on retrouve dans les Monoï tradition !
Voilà comment en né le mythe de la fleur de Tiare dans le Monoï de Tahiti.