Dans les années 70, avant que "Monoï de Tahiti" ne soit protégé par une appellation d'origine, les géants du parfum et de la cosmétique s'étaient emparés du nom "Monoï" sans scrupule : la plupart des produits ainsi baptisés étaient fabriqués hors de Polynésie, à partir d'une quelconque huile de coprah raffinée chimiquement et agrémenté de parfum synthétique. La réputation et et l'image du Monoi furent tellement utilisées que seuls 10 % des flacons vendus dans le monde provenaient de Polynésie !

Antoine Srkala, qui fut à l'époque de la guerre du Monoï président du Syndicat des fabriquants du Monoï traditionnel Tahiti et président de l'Institut du Monoï jusqu'en 2004 déclarait "Nous avons glissé une fleur de Tiare Tahiti dans chaque flacon pour que le consommateur puisse faire la différence. Cela n'a pas suffit. Le graphisme des étiquettes, la forme des flacons ont été copiés, d'autres fleurs séchées (que le Tiare-ndla) ont été utilisées dans l'huile alors qu'elles n'avaient pas les mêmes propriétés reconnues par la pharmacopée traditionnelle"

Après des années d'efforts, l'appellation d'origine "Monoï de Tahiti" permettra de protéger le consommateur et de prendre à défaut les innombrables contrefaçons. Il en reste quelques-unes, rares mais bien présents sur le marché. (Voir le post Vrai et Faux Monoï). Certaines marques ont abandonné la fleur dans l'huile, d'autres perpétuent encore la tradition. C'est le cas de la Parfumerie Tiki, qui fabrique le Monoï Tiki depuis 1942.

Source Tahia - Patrick Brai - Tahiti Magazine - Hans Riehm